Covid-19 : Quel impact sur la transmission d’entreprise en Wallonie ?

02 septembre 2020
Covid 19
Laurent Wenric, manager à la SOWACCCESS, et Marie Depelssemaker, secrétaire générale chez Transeo reviennent sur l'impact de la pandémie en ce qui concerne la transmission d'entreprises en Wallonie.

Quelles sont vos impressions sur l'impact de la pandémie sur les transmissions/acquisitions des PME ?

Les experts soulignent le caractère singulier de la situation que l’on a vécue. C’est dans ce contexte que l’on observe une forte baisse du nombre de transmissions d’entreprise mais pas un arrêt total car l’on aperçoit toujours un certain nombre d’acquisitions. Cependant, il est important d’ajouter que la diminution dans le secteur que l’on suit depuis quelques temps est certes conséquente mais prévisible.
En effet, la situation inhabituelle a ajouté un caractère incertain à un processus qui l’est déjà en temps normal, précise Laurent.  A cela, ajoute le manager, le défi de l’acheteur est de savoir si son achat saura s’adapter au monde post Covid-19 et il est tout à fait possible de trouver des éléments rassurants : la rapidité avec laquelle l’entreprise s’est réinventée durant la crise, la fidélité des clients, la maturité digitale, sa place indispensable dans la chaine de valeurs, sa flexibilité de pouvoir réduire sa voilure, … La phase de préparation de l’achat est encore plus nécessaire qu’avant, elle est un peu plus longue, ce qui explique le ralentissement qu’on connait.

 

En quoi est-ce utile de faire appel à la SOWACCESS en cette période ?

Dans ces conditions, le rôle de la SOWACCESS est d’autant plus pertinent car elle a comme objectif d’accompagner les acquéreurs durant tout le processus afin qu’ils évitent des écueils ou des problèmes éventuels et qu’ils se posent les bonnes questions.  La SAWACCESS peut aussi être là pour faciliter les relations entre le vendeur et l’acheteur ainsi qu’à renforcer les relations humaines entre les deux. 

En effet il est important que l’acquéreur comprenne que le propriétaire actuel vend une société qui a perdu de la valeur et de l’autre côté, le vendeur doit comprendre que l’acheteur prend un grand risque en achetant maintenant car personne ne sait ce qu’il peut encore arriver. C’est pourquoi l’empathie et la compassion sont réellement nécessaire dans cette situation et qu’il faut apprendre à gérer les attentes de l’un et de l’autre.

 

Qu'en est-il des chefs d'entreprises qui souhaiteraient transmettre leur entreprise en ce moment ? Ne feraient-ils pas mieux d'attendre ?

Inutile de s’étendre sur l’impact économique que la crise a eu sur la Belgique, quelques chiffres reviennent et parlent d’eux-mêmes : environ 2,5 milliards d’euros de perte pour l’économie belge par semaine et la BNB parle quant à elle d’une perte de 45 milliards d’euros sur le PIB de l’année 2020 mais quelque est certain, les prix sont à la baisse.

Par conséquent, il est vrai que dans la plupart des cas (mais pas tous car une vente n’est pas une autre) il serait sans doute préférable de retarder la vente. Pourquoi ? La réponse est assez simple : l’entreprise a d’autres priorités comme maintenir une stabilité financière, protéger son personnel, entretenir de bonnes relations avec ses clients ainsi qu’avec ses fournisseurs pour préparer la relance et avoir suffisamment de liquidités.

De plus, les comptes de cette année vont-être utilisés afin de valoriser l’entreprise, les comptes de 2020 seront donc moins bons que ceux des années précédentes. Si la société peut se permettre d’attendre 1 ou 2 ans avant de vendre pour se laisser le temps d’avoir de meilleurs comptes ainsi qu’une meilleure image, elle sera mieux valorisée.

 En tenant compte de ces informations, il vaut a priori mieux vendre plus tard.

Cela n’est évidemment pas une « vérité absolue ». Il y a d’ailleurs des situations opposées, ou la crise a pu être bénéfique pour l’entreprise, voire neutre…Dans ces cas-là, aucune raison d’attendre pour vendre son entreprise.

 

Et au niveau international ?

Transeo vise à encourager les opérations internationales et on y observe une grande prudence de la part des professionnels du secteur, un ralentissement au niveau du marché, une prise en considération de nouveaux paramètres notamment dans les valorisations et les due diligence, la prise en compte des risques pour l’avenir, un repliement à l’intérieur de leur territoire de la part des entreprises étrangères, plus de circuits courts etc.

Cela prendra du temps pour revenir à la normale mais encore davantage au niveau international car chaque pays gère la crise comme il le décide et les règles d’entrée dans certains pays entrainent des défis logistiques et un regard un peu protectionniste sur la situation, ce qui n’est pas un phénomène nouveau mais simplement exacerbé par la crise.

Il faut encore ajouter la mondialisation a créé une chaine logistique très complexe et certaines entreprises se rendent compte qu’elles préfèrent avoir un peu plus de contrôle sur leur approvisionnement en passant (notamment) par des circuits plus courts que ceux que l’on connait pour le moment.

 

Le programme complet sera en ligne début octobre 2020. En attendant, vous pouvez vous inscrire pour être informé dès que le programme sera publié ! Pour ce faire cliquez sur le lien ci-dessous :

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